Premiers pas – du plaisir du mouvement

D’aucuns disent : « non le sport ce n’est pas pour moi, oh non bouger, suer, beurk… fatigue, ennui, pénible effort, perte de temps » ; voilà comment résonnent pour certains les termes sport et activité physique.

Et pourtant à ceux qui se reconnaissent, permettez-moi d’en douter ! Si cette affirmation était réellement fondée, comment aurait-on pu seulement apprendre à marcher ? Non, je ne viens pas proposer une séance régressive de rebirth.

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Même si vous ne pouvez en retrouver le souvenir, je vous propose seulement de considérer l’enfant curieux (se), désirant(e), volontaire, bouffant la vie et le plaisir du corps, vous redressant sur vos petons, instable mais déterminé(e) et confiant(e) ! Le plaisir du corps dans la marche, puis la course, puis grimper, sauter, nager, tout simplement parce qu’avancer et maîtriser votre outil corporel signifie « oui à la vie ! » La maîtrise de vos mains, vos doigts pour appréhender l’objet nourricier d’abord, ludique ensuite. Les feutres pour dessiner, le crayon pour l’écriture, la cuillère de la soupe pour grandir et finir par jouir de l’expérience de la motricité fine pour dire oui à l’acte de création.

Ne pas aimer le sport, le mouvement, l’activité physique n’est probablement que la résultante d’un oubli de soi, de l’enfant en soi, de la vie qui fut à ses prémices pour une promesse d’exister et de créer sa vie. Parce que peut-être à force d’intégrer le « tiens-toi tranquille, sois sage, ne bouge pas, ne te salis pas » comme une définition de soi-même ? Ou alors la peur de retrouver cet enfant-là avec tous les deuils oubliés, les rêves et les désirs laissés pour compte en bord de route que l’on préfère ignorer… Dans « Sale môme », film d’anticipation que je regardais il y a 10 ans avec mon fiston, le héros se retrouve face à lui-même petit garçon dans la tristesse et l’étonnement de considérer : « quoi, j’ai 40 ans et je n’ai pas de Golden Retriever ?» Tout le film est une remise en perspective de ce que sont devenus ses désirs, valeurs et aptitudes d’enfant. 

Accepter de faire le point de sa nature profonde et de ses jeunes volontés ou passions est un acte salutaire. Décider à tout moment de reprendre en mains le gouvernail de notre vie c’est nous rappeler notre chance d’être humain. Il n’est pas forcément nécessaire de changer complètement de cap mais se réajuster de quelques degrés peut nous apporter déjà tant de satisfaction. C’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire : le respect de votre nature.

Revenons au mouvement : bien sûr, je ne suis pas à dire que tout le monde doit prendre plaisir à pousser sa fréquence cardiaque à 160. Il appartient à chacun de nous de trouver son rythme et son geste. Ce peut être aussi bien pédaler tranquille dans la campagne ou même jardiner, flâner même ; mais, non, le shopping ne compte pas 😉

Alors pour redémarrer la machine, retrouver le plaisir des sensations, de l’élan physique : on se bichonne ! Massage, sauna, relaxation… On court après les mouettes sur la plage, on joue à la marelle avec le premier neveu, voisin, trouvé sous la main, on écoute sa musique à haut volume en laissant glisser les notes dans le système nerveux tout au long de la colonne et des membres. Pour ma part, je sais qu’une brise légère (réminiscence certaine d’une naissance au bord de mer du sud) me fait pousser des ailes et me rappelle que j’ai deux jambes, 2 pieds, pour courir et danser ; et pour ne plus jamais l’oublier, un chien depuis peu accompagne mes promenades ou courses quotidiennes !

Dans « Hélas pour moi » Godard fait dire à Depardieu : « Un seul animal sur terre s’inquiète du temps qui passe, heureusement c’est le même qui est le seul à sourire ». Je vous promets que lorsque vous faisiez vos premiers pas, lorsque vous avez grimpé votre première marche vous avez souri !

Au service de votre redécouverte personnelle

Beatrice

2 réponses à “Premiers pas – du plaisir du mouvement

  1. J’ai lu avec plaisir ton article, je partage ton enthousiasme face aux plaisirs tout simples et harmonieux qui font partie de notre vie.
    J’ai lu un très beau livre dans ce sens : « faire le choix du bonheur » de Marie Andersen. En passant je me souviens de beaux moments que nous avons partagé en 6ème primaire. Je t’embrasse et te souhaite un beau chemin de vie. Geneviève

    • Merci Geneviève pour ton partage, quel plaisir de te retrouver! Voilà très certainement un livre qui prendra sa place dans les livres à lire. dans l’espoir d’encore te toucher…

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